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Politique de l’Energie au Sénégal, incompétence ou mauvaise volonté ? Par Khalifa Diakhaté

 

Le Sénégal semble avoir subi sa politique énergétique pendant ces six dernières années.
Dans ce domaine, les Sénégalais ont plus été témoins de mesures d’urgence que de solutions durables, face aux pénuries d’hydrocarbures et aux coupures d’électricité.
La flambée du prix du baril de pétrole « est à l’origine »de ce calvaire.

Selon certains spécialistes, c’est essentiellement parce que le Sénégal tarde à mettre sur pied une stratégie d’absorption de cette évolution incessante des cours du brut. A cela s’ajouterait l’épuisement du stock de sécurité qui correspondait à 35 jours (Chaque automobiliste y contribue en achetant de l’essence ou du gasoil).

En clair, le Sénégal n’aurait pas encore pris à bras le corps cette question de l’énergie afin d’amoindrir ses dépenses ou d’en assurer une gestion sans faille.
Par exemple, doter la raffinerie de Dakar d’une unité  d’hydrodésulfuration. Certes, un lourd investissement , mais qui, dans le long terme, permettrait au Sénégal d’amoindrir ces  frais d’importation du pétrole ; car il faut souligner que le Sénégal est obligé d’acheter du brut peu sulfureux , donc plus cher, à cause de l’éventail limité de la S.A.R.(Société Africaine de raffinage).Ce qui explique l’achat de brut du Nigeria, de l’Angola , du Gabon et du pétrole de la mer du Nord.

Au final, le pétrole coûte cher au Sénégal, au même titre que le fret, ce qui s’expliquerait par la faible capacité de la raffinerie qui n’est que d’un peu plus d’un million de tonnes, là où les spécialistes  de la question estiment qu’il lui en faudrait quatre fois plus pour atténuer ces frais.
Car en fait, le Sénégal du fait de la faible capacité de sa raffinerie, importerait au prix de détail, à savoir, 30% plus cher.
Donc, de nouvelles alternatives s’imposent. Un ancien responsable de l’approvisionnement  de la SAR propose la subvention  par l’Etat du fuel de la Sénélec(la société nationale de l’électricité), du butane et la redistribution interne des produits. Des alternatives qui iraient dans le sens du contribuable. Pour la santé économique du secteur, l’ouverture du capital de la S.A.R à nos voisins, serait une bonne solution. Une volonté exprimée par l’Etat qui envisagerait cette ouverture à des partenaires privés nationaux ainsi qu’à des pays de la sous-région comme le Mali, le Cap-vert et la guinée Bissau.
Dans cette optique, le Sénégal a racheter 33% des parts de la Société alors qu’il en détenait que 11% jusque là, ce qui était très faible par rapport aux 90%  des actions que détenaient Shell, Mobile et Total. Il y’en a eu d’autres, mais…
Cette nouvelle initiative des autorités gouvernementales a pour objectif d’atteindre  la production de deux millions de tonnes de produits pétroliers par an, ce qui couvrirait largement les besoins du pays.
L’Etat aurait déboursé 110 milliards de Fcfa pour la subvention de ces  produits. La démarche s’inscrit également, selon des techniciens du ministère de l’énergie, dans la volonté des autorités de trouver une solution définitive aux délestages. Plus de 30 milliards de nos francs par an pour le gaz butane une façon de  tendre la perche aux ménages sénégalais. Sénégalaises, sénégalais, à vous de dire si vous en avez ressenti les retombées. concrètement.

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