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Crise Alimentaire

La Révolution Agricole : Maintenant, ou peut être…jamais !
Depuis quelques mois  le Sénégal comme plusieurs pays  traversent une crise alimentaire grave. Crise marquée par une hausse des prix des denrées de première nécessité comme le riz. Le facteur aggravant à cette crise réside dans le fait que plus le pays est dépendant des cours du  marché international plus il a du mal a s’approvisionner  du fait de la hausse des prix des  produits alimentaires de base dont le riz. (Le Sénégal importe 50/ de ses besoin alimentaires). Se pose alors la question de la nécessité d’avoir une  véritable autosuffisance alimentaire reposant   une Révolution Agricole comme cela a eu lieu Europe au 18éme siècle en ou au milieu des années 60 en Inde avec la « Révolution Verte ». Dans ces deux parties du monde ces Révolutions on été précédées de  malnutritions, disettes et même de famines.

Constats Alarmistes
On parle de  crise quand « l’Ancien » meure et le « Nouveau » tarde à venir. ..Dans cette crise alimentaire « l’Ancien « est la dépendance (qui date de la période coloniale) de plusieurs pays africains comme le Sénégal vis-à-vis des importations pour se nourrir et le « Nouveau » réside dans la possibilité d’accéder  à l’autosuffisance alimentaire. Au Sénégal les prix du blé ont été multipliés par 2 en février 2008 par rapport à l’année précédente. En Côte d’Ivoire, les prix du riz ont plus que doublé par rapport à leur niveau un an plus tôt. Les raisons avancées ou réelles à cette crise sont multiples :
-          Insuffisance de l’offre mondiale due à des phénomènes climatiques comme les inondations dans les pays producteurs d’Asie.
-          Accroissement de la demande des pays émergents comme l’inde ou la Chine
-          Hausse du prix du baril de pétrole et  spéculation financière
-          Culture de biocarburants au détriment de culture vivrières.
-          Conséquences, des milliers de  personnes qui  descendent dans les rues  de Dakar , Abidjan, Yaoundé , ou Ouagadougou , du Caire (Egypte) ou encore de Port au Prince (Haïti)pour crier, au prix  de leur vie, leur exaspération (40 morts le 27 février  à Yaoundé, 2 morts à Abidjan  début avril et 5 morts à Port au Prince)

Et les qualificatifs ne manquent pas pour désigner la crise alimentaire que vivent des millions de personnes à travers plusieurs pays du monde. Plus de 100 millions de personnes sont menacés de tomber dans la misère selon  Robert Zoellick  Président  de la Banque Mondiale.
Dominique Stauss  Khan directeur Général du FMI parle de « risque de Guerres »
Jean Ziegler parle d’hécatombe annoncée. Selon l’ancien  Rapporteur Spécial des Nation Unies pour le Droit à l’alimentation « on va vers une très longue période d’émeutes de conflits et de vagues de déstabilisations régionales incontrôlables… »
 De l’avis de Jacques Diouf Directeur Général de la FAO il s’agit de la « chronique d’une catastrophe annoncée »
Quant à Louis Michel commissaire Européen au développement,  il évoque même un de « Tsunami »potentiel pour les Africains. Plus de 130 millions d’Africains sont menacées de malnutrition.


Priorité à l’Agriculture
En tout cas les experts en la matière sont sûrs d’une chose ; Cette crise bien loin d’être conjoncturelle est au contraire structurelle et par conséquent appelle des réponses structurelles. Comme s’il s’agissait de déclarer la guerre à la malnutrition, le président Wade du Sénégal à lancé le 18 Avril  la Grande Offensive pour l’Alimentation et l’Abondance (GOANA). Le projet consiste dès la prochaine campagne agricole 2008 à augmenter considérablement les productions agricoles notamment de riz en la portant de 200 à 500 mille tonnes .Cette production ne permet cependant pas de couvrir la consommation annuelle du Sénégal qui est de 600 à 700 mille tonnes par an .La réalisation de ce projet nécessite 344 milliards de francs CFA à en croire le ministre sénégalais de l’Agriculture.
Cependant  les critiques  à l’encontre de ce projet ne manquent pas. Dans un article  au journal « Sud Quotidien » du 24 avril 2008, le sociologue rural Jacques Faye affirme que  « Le Sénégal ne dispose pas  de surfaces agricoles nécessaires aux objectif du projet GOANA à moins d’une progression des rendements agricoles qui serait unique dans l’histoire mondiale de l’agriculture ou, à moins de multiplier par un et demi la taille du pays »
Ce qu’a semblé  reconnaitre le Président Wade ce 4 mai lorsqu’il soutient que  « les seuls handicaps  possibles au projet GOANA ne peuvent provenir que de l’insuffisance éventuelle de terres aménagées, celle de semences, des engrais et de l’équipement et d’un mauvais hivernage ». Et ces handicaps ne sont pas des moindres en matière d’agriculture. Se voulant rassurant le président Wade ajoute  que le Sénégal a pris toutes les mesures pour pratiquer le système de pluies artificielles.


Changement des modes de consommation
La réalisation de l’autosuffisance alimentaire passe certes par l’augmentation de la production agricole. Pour ce faire, il convient  de la part de nos Etats d’augmenter le budget consacré au  secteur agricole qui couvre 60 à 80 % des populations Africaines.
 Opérer un réel  changement pour ne pas dire une révolution dans nos habitudes alimentaires quotidiennes ne serait non plus, pas de trop. Cela signifie l’abandon ou du moins, la diminution de la  surconsommation de riz et diversification de notre alimentation. Cela passe aussi par  Le changement de mentalités la revalorisation des produits du terroir et le rejet de l’idée selon laquelle les produits qui viennent de l’extérieur seraient  forcément de meilleure qualité.


Commerce équitable
A quelque chose malheur est bon dit l’adage et cette crise alimentaire peut être une opportunité pour les pays du sud de résoudre une fois pour toute le problème de la malnutrition et de la pauvreté qui mine leur  développement. Les pays en développement et Africains en particulier doivent aussi être soutenus par les pays développés  qui ont une certaine responsabilité dans la situation de pauvreté dans laquelle sont plongés plusieurs pays du Sud. Les Etats industrialisés de l’OCDE ont payé à leurs agriculteurs et leurs éleveurs en 2006 plus de 350 milliards de dollars au titre des subventions à la production et à l’exportation ce qui à pour conséquence de rendre leurs produits moins chers sur le marché mondial et de détruire les agricultures vivrières des pays pauvres qui ne sont pas subventionnées. Cela s’appelle du « Dumping «   un mot Anglais qui signifie  « déverser ».
Pour le sociologue Suisse  Jean Ziegler  « l’Union Européenne pratique le Dumping   agricole avec un cynisme sans faille » Là aussi c’est maintenant ou jamais de taper du point sur la table pour la suppression de ces subventions  ou le cas échéant l’établissement d’un commerce mondial beaucoup plus équitable. C’est une question de survie.

Cheikh Dia / Paris

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